Marco et Ngalula - Gérard Adam

Marco et Ngalula - Gérard Adam

7,50 €Prix

Roman pour adolescents, 1996, 1999 et 2001.
Suite à la cessation d'activités des éditions LABOR, la réédition en collection de poche de ce roman, beaucoup lu dans les écoles, figure désormais au catalogue des éditions MEO.

 

Précédé d'une lecture de Joseph Duhamel.
Illustration de couverture : Frédéric Thiry.
160 pages, dont 8 pages d'illustrations N&B.
ISBN: 2-8040-1584-X
7,50 EUR

 

Marco débarque chez ses grands-parents pour passer des vacances à la campagne. Il va y rencontrer Ngalula, une demandeuse d'asile qui réside au village dans un centre ouvert récemment installé. Malgré l'hostilité de certains villageois, une grande amitié va naître entre les deux enfants, qui apprendront l'un de l'autre leurs univers respectifs.

 

Il est à noter que l'édition originale de cet ouvrage est toujours disponible aux éditions Luce Wilquin.

Main dans la main, Ngalula et Marco se promènent au bord du ruisseau. Le soleil brille depuis le matin, il fait délicieux à l'ombre des arbres et les citronnelles qui poussent en touffes sur l'autre rive imprègnent l'air de leur parfum acidulé. Ils n'ont pas encore décidé à quoi ils joueront. Peut-être même qu'ils ne joueront pas, qu'ils préféreront observer cette colonne de fourmis transportant un cadavre de sauterelle. Ou bien écouter les oiseaux, imiter leurs pépiements. Ngalula est imbattable à cet exercice. Un prodige, on dirait vraiment qu'elle parle oiseau. Elle prétend que c'est un privilège des femmes de sa famille. Sa mère le lui a transmis, qui elle-même le tenait de sa propre mère, ainsi depuis toujours.
(…)
Tout à coup, il voit Ngalula s'arrêter, porter la main en cornet autour de l'oreille. Lui-même ne perçoit rien d'extraordinaire dans le concert de gazouillis qui se mêle au bruissement du feuillage.
La gorge de son amie se gonfle, ses lèvres se tendent.
«Piiit-piiit-piiiiit.»
Dans les taillis, un bref silence. Ngalula ne bouge plus. Une vraie statue. Elle patiente quelques instants, puis recommence, les yeux fermés.
«Piiit-piiit-piiiiit.»
Marco retient son souffle. A présent, il distingue… dans ce gros chêne, un peu plus haut, sur la droite…
«Piiit-piiit-piiiiit.»
Le visage de Ngalula s'éclaire. Entre elle et l'oiseau invisible, un dialogue s'établit.
-Piiit-piiit-piiiiit.
-Piiit-piiit-piiiiit.
La fillette hoche la tête, serre la main de Marco. Elle a subitement l'air toute triste.
-Qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce qu'il t'a raconté?
-…
-Dis-moi! Tu n'as plus confiance? Je ne suis plus ton ami?
Elle hésite, comme s'il lui fallait trahir un secret. Puis elle se penche et murmure:
-C'est un petit. Sa maman est partie. Il est tout seul dans le nid. Ecoute comme il tremble.