Parmi les sphères - Piet Lincken

Parmi les sphères - Piet Lincken

12,00 €Prix
Poésie, 2013

72 pages
ISBN: 978-2-930702-47-6
12,00 EUR

Nourri de spiritualités, Parmi les sphères est un recueil de poèmes où la fugacité des impressions questionne, entre « la forme et le vide », jusqu’au rôle de l’écriture.

 

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Sors ! Sors de toi-même ! La vase, le nuage,
le nid, le soleil, la foule même : rien n’arrête la soif d’être,
au grondement de la rivière répondent la rocaille, le silence, la bête écorchée : sors !
Par le vent, l’œil, le sexe, l’excrément même,
sors pour survivre au monde.

 

*
 
Le printemps est pluvieux et riche en brouillard,
les écharpes de bruine sur les cimes des montagnes me
rassurent le cœur,
elles se rejoignent et recouvrent tout, et l’absence du soleil est pour moi Grand Jour.
Peut-être y aura-t-il des matins admirables et clairs ?
À l’aide d’un long bambou je plierai les branches
surchargées de fruits.
Je rapporterai une branche de saule avec ses chatons
laineux.

Enfin aujourd’hui il pleut.

 

*


Bruissement, frémissement, murmure, la vie dissipée
a la boisson légère et l’âme mauvaise.

L’hirondelle de mer se prend les pattes dans la marée noire.
Les poissons avalent des morceaux de plastique.

Atroce propos : « Il a soif, là, le gars ? dit quelqu’un, il souffre d’une injustice ?
L’horaire d’hiver ne lui convient pas ? Qu’il émigre
ou qu’il retourne d’où il vient ! » À l’Opéra il fait moite, avec champagne.

À l’extrémité du moment, j’enregistre le cercle polaire arctique
comme la sphère du monde. Des galets dans la main,
je m’entraîne au lancer de pierres.

 

*

 

Assis dans le bow-window, je pensais, avec plus de
commisération que de colère (mais il ne faut rien exagérer, soyons sérieux) :
allez ! un cyclone !
À côté du lien physique avec les autres
– un bonbon fondant tout blanc et rose –,
ce visage de « l’amour »,
quel plaisir supérieur qu’est celui de la lumière, de l’empreinte du vent, de la neige, c’est considérable cela ! c’est une leçon de résistance !
À côté de toi, dans notre empâtement, j’ai failli rater l’équinoxe d’automne sur les côtes danoises.