Ailleurs - Liliane SCHRAÛWEN

Ailleurs - Liliane SCHRAÛWEN

16,00 €Prix

Nouvelles, 2015

En couverture : un tableau du peintre Charles Mutanganwa.
152 pages.
ISBN: 978-2-8070-0028-5
16 EUR

Ailleurs. De l’autre côté du miroir. Au-delà du temps, entre cauchemar et réalité, entre fantasme et folie. Là où tout est possible, aux frontières des certitudes. Au creux d’une grotte profonde ou d’une pyramide antique. Au seuil du mystère, en un lieu où la mort peut-être n’existe pas. Sous un ciel qui invite à l’envol. Les statues s’animent, les esprits délivrent aux vivants d’étranges messages, comme dans la nouvelle titre, inspirée d'une œuvre du peintre Charles Mutanganwa. C’est là, au cœur d’un rêve de peintre ou de poète, aux sources mêmes de l’imaginaire, que nous entraînent ces nouvelles aux couleurs fantastiques où pointe, par endroits, une angoisse indéfinissable.

 

Lien de l'ebook

Quand le battant s’est ouvert dans un léger grincement, j’ai hésité.
Devant moi, il y avait cette porte en bois sombre, du chêne peut-être, je ne sais pas, je n’y connais pas grand-chose en ébénisterie. En tout cas, c’était un bois compact, massif, rugueux. Et la porte était immense. Beaucoup plus grande qu’une porte normale. J’avais l’impression d’être minuscule, perdue dans un univers trop vaste pour moi. Un peu comme Alice au Pays des Merveilles, je me souviens de ces images vues dans un livre quand j’étais enfant. Une toute petite fille devant des objets gigantesques. Ou le Petit Poucet. Ou la fée Clochette dans le film de Walt Disney. Les contes sont remplis de ces personnages fourvoyés dans un monde qui n’est pas à leur mesure. Quoi qu’il en soit, cette porte était trop grande pour moi, ou bien c’est moi qui étais trop petite.
À vrai dire, elle ne s’est pas vraiment ouverte. Tout juste entrebâillée. Je me souviens que j’ai pensé Je n’arriverai jamais à la pousser pour entrer. Elle est certainement trop lourde.
Je ne sais plus trop ce que je faisais là. Ni pourquoi j’avais besoin d’entrer… D’entrer ? Le mot est mal choisi. On entre dans une maison, dans une chambre, dans un lieu clos de murs. Si la porte est fermée, on n’entre pas, on reste à l’extérieur, on attend. Étais-je à l’extérieur, devant cette porte entrouverte ? À l’extérieur de quoi ? Et les murs, où donc étaient-ils ?