Les tablettes d’Oxford - Jean-Luc Wauthier

Les tablettes d’Oxford - Jean-Luc Wauthier

15,00 €Prix

Roman, 2014

136 pages.
ISBN: 978-2-930702-77-3
15 EUR

Dans la prestigieuse bibliothèque de l’université d’Oxford, l’auteur fait une découverte surprenante : rien moins que les Mémoires, quasi complètes, du dernier empereur romain d’Occident, Romulus Augustulus, dont nous ne savions à peu près rien, ce peu étant lui-même encombré de légendes, de mythes, de faits invérifiables… 
Quoi de mieux, pour illustrer la lutte éternelle entre le pouvoir et le bonheur, que de l’évoquer au cœur d’un Empire romain finissant, cerné par son propre crépuscule ? 
À travers une active rêverie sur l’Histoire et ses énigmes, le roman de Jean-Luc Wauthier a retenu cette réflexion d’Alexandre Dumas : « L’histoire est un portemanteau sur lequel on accroche un roman. »
Pour autant qu’il soit habillé de poésie !

 

Lien de l'ebook

« Un long tunnel obscur, soudain troué par cette lumière déchirante et cruelle, ces hurlements angoissés que rien, sauf la chaleur maternelle, ne peut apaiser. Hélas, la lumière avait la couleur et le goût de la mort. Au lieu de la douceur d’une mère, je dus me contenter de la rudesse d’une nourrice, puis, passé le premier âge, de celle de servantes effacées. Et tout de suite, face à cette vacuité, l’ombre immense du Père, protec­trice, dévorante, implacable. Une ombre qui allait m’écraser, m’étouffer jusqu’à ce jour funeste. La vie et la mort. La mort et la vie. Ce va-et-vient qui, peu à peu, deviendra mon quotidien, mais que jamais je ne pourrai apprivoiser. Pour l’heure, Oreste, ce père haï, détesté, fascinant à sa manière, s’amuse à brouiller les pistes. Veuf le jour de ma naissance, il ne se remariera pas et ne goûtera plus qu’à deux plaisirs : l’un, passager et superficiel à mon avis (mais je suis mauvais juge) et le retenant juste ce qu’il faut : le corps des femmes. L’autre, profond, insistant, dévorant et qui, je le sens bien aujourd’hui, sous-tendra toute sa vie d’homme : le Pouvoir, ce besoin de dominer, qu’il exercera sur tous et, donc, sur moi. Ai-je dit qu’il m’a toujours semblé, non pas vieux, mais âgé, alors qu’à ma naissance il n’a guère plus de quarante ans ? Ma mère était sa seconde épouse. Il avait, pour des raisons obscures, répudié sa première femme, Julia. Cer­tains domestiques m’ont prétendu, avec des chuchotements entendus et des mines apeurées, que j’avais une demi-soeur aînée, mais tellement folle qu’elle restait cachée aux yeux de tous. J’ai longtemps cherché sa trace. J’ignore même la réalité de son existence. »