Les tulipes du Japon - Isabelle Bielecki

Les tulipes du Japon - Isabelle Bielecki

18,00 €Prix
Roman
Parution 20 février 2018

240 pages
ISBN : 978-2-8070-0143-5 (livre) –  978-2-8070-0144-2 (PDF) –  978-2-8070-0145-9 (ePub)
18,00 EUR

Une histoire d’amour (qui finit mal, mais…)
Une histoire de guerre des nerfs dans une entreprise japonaise (qui finit bien, mais…)
Et des souvenirs qui balisent six journées d’une vie de combat.
Car rien ne se donne à une jeune immigrée, même quand elle est décidée à pleinement s’intégrer. Il faut se battre pour trouver une forme de bonheur, se démener pour garder sa place dans le monde professionnel, particulièrement s’il est transplanté d’une autre culture et ne se greffe pas facilement.

 

Lien de l'ebook

Dans le divan où elle s’installe au bord des coussins, puis plus profondément, elle étale ses mains sur les genoux. Ferme les yeux. Elle a toujours aimé le soleil, fait partie de ses adoratrices. Personne comme lui n’est capable de chasser les pensées noires. Il les boit pour les glisser ensuite, la nuit peut-être, dans des nuages de tempête. Elle sourit à cette image.
Elle n’a rien senti. C’est d’abord un frôlement, une caresse plus légère qu’un pétale de tulipe qui tombe.
Quelque chose glisse sur sa peau, si doux que cela fait écran au soleil.
Le vent, car c’est lui, qui d’autre, défait ses boutons un par un et le soleil se faufile, caresse, embrasse. C’et si doux, si bon, si étonnant qu’elle n’arrête pas de frissonner.
Comment a-t-il fait pour enlever chaque vêtement, sans la heurter, sans qu’elle comprenne comment il s’y prend ? En jouant de ses baisers aussi agiles que ses doigts ? A-t-elle gémi ? Intérieurement sans aucun doute.
Un étrange mécanisme s’enclenche en elle. Ou plutôt quelque chose se met en route, une sorte de fin rouage caché sous la peau, partout, même là, en ce lieu secret où il ne va pas, qu’il contourne savamment.
Elle met un certain temps à réaliser que le petit bruit continu qu’elle entend est son propre ronronnement. Elle devient chatte sous le premier soleil de l’année. Et comme une chatte elle se déplie, s’étend, s’étale de tout son long, offre un maximum de peau à un tâtonnement qui sait où il va, qui volette de-ci de-là, jamais là où elle l’attend, où sa peau l’espère, mais sait qu’il reviendra à cet endroit-là où le bout de peau encore vierge attend son tour.
Sa tête roule sur le côté, vers le soleil qui lui mordille l’oreille, pour ne rien voir, seulement sentir. Un soupir plus profond que les autres lui entrouvre les paupières. Malgré elle. Et c’est alors qu’elle les voit.
Les tulipes sur la table.
Les tulipes qui la regardent.