Une colonne pour le paradis - Philippe Fiévet

Une colonne pour le paradis - Philippe Fiévet

19,00 €Prix
Roman, 2022

240 pages
19,00 EUR
ISBN : 978-2-8070-0341-5 (livre) – 978-2-8070-0342-2 (PDF) – 978-2-8070-0343-9 (EPUB)

 

Syrie byzantine, 5e siècle après Jésus-Christ. Alors que Rome n’en finit plus de sombrer dans le chaos, l’axe du monde a basculé vers le Levant. Les chrétiens y sont désormais majoritaires et s’emploient à étouffer les derniers foyers du paganisme. Deux hommes, un moine et un réfugié romain fortuné, suivent chacun leur destin : dans la ville festive d’Antioche dont l’éclat lui vaut le surnom de « Perle de l’Orient », Rufin, demeuré fidèle aux anciennes croyances, s’abreuve aux plaisirs de la vie ; au contraire, Paphnuce s’en est précocement détourné au profit d’une existence pieuse derrière les murs d’un monastère, avant de prendre la décision radicale de vivre solitaire au sommet d’une colonne, non loin du désert. Mais les temps sont incertains, même pour un stylite, et jamais le jugement dernier n’a semblé aussi proche… Une colonne pour le paradis se penche sur ce 5e siècle en proie aux désordres de la nature et des passions humaines, oscillant entre ferveur et cruauté, plaisirs charnels et mortifications, transcendance et fanatisme religieux, mais qui trouve quelquefois un salut provisoire dans l’amour. Car la mort n’a-t-elle pas toujours le dernier mot, ainsi que l’illustre cette épitaphe en vogue sur les tombes, tant chrétiennes que païennes ?

Tu cours ? – Je cours.

Jusqu’où ? – Jusqu’ici !

 

Lien de l'ebook

Vous savez, mon père, à quel point, notre pays se prête à de telles mortifications. Dans les environs d’Antioche, les massifs montagneux regorgent de grottes et d’arbres évidés où des troglodytes de la perfection pouvaient vivre tels des hiboux, coincés entre l’écorce et la pierre; dans les vallées et les prairies d’altitude, la végétation se laissait brouter par ceux qui, pour les mêmes motifs spirituels, avaient décidé de retourner à l’état d’innocence en adoptant, à quatre pattes, le même mode de vie que les ruminants. Quant aux plaines poussiéreuses qui s’étirent vers Bérée, la présence régulière de villages permettait aux plus téméraires de trouver leur voie au sommet d’une étroite colonne […] Au-delà d’Apamée, les […] vastes étendues de sable offraient toute l’abstraction souhaitée pour aimer Dieu, jusqu’au dernier grain de folie. […] Et que dire de ces stationnaires qui restaient figés, sans bouger d’un pouce, priant les bras écartés, sous le soleil, à s’en faire bouillir la cervelle?